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23/04/2010

Invité Tri-Hebdo

 Interviews

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Cinq questions à Jean-Claude Vuemba Luzamba  

(*)Député national, président du Mouvement du peuple congolais pour la République (MPCR)

 

1. Vous revenez d’une visite de travail en Belgique et en France. Quelles sont les préoccupations de la diaspora congolaise en rapport avec les élections de 2011?

Au cours de la visite de travail, que j’ai effectuée en Belgique et en France durant la deuxième quinzaine du mois de mars 2010, j’a pris une série de contacts avec des responsables politiques du pays visités, tout comme avec des compatriotes et leaders politiques congolais en séjour dans ces deux pays. J’ai aussi rencontré les compatriotes, les combattants et les cadres extérieurs – que j’ai félicités et encouragés pour le travail abattu - de notre parti, le MPCR qui est réellement implanté en Europe, aux USA et au Canada. J’ai pu également noter leur souhait de modification de la loi électorale afin de permettre à la diaspora congolaise à travers le monde de participer à la désignation des dirigeants politiques de notre pays. Je souscris personnellement à cette demande et prends le ferme engagement de m’y employer pour son aboutissement.

2.Quel est le résultat de votre rencontre à Bruxelles avec le président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi ?

Pendant près de deux heures, nous avons échangé avec le président national de l’UDPS et il est ressorti de notre entretien une identité de discernement aussi bien de la situation actuelle du pays que des actions à entreprendre ensemble en vue de la transformation réelle de notre cher et beau pays. Le MPCR, parti d’action et de responsabilité, avait proposé depuis septembre 2009 à toute l’opposition congolaise, tant institutionnelle que non-institutionnelle, une initiative de rassemblement et d’espérance pour un programme commun d’alternance crédible en 2011. Et lorsque j’en ai fait part au président national de l’UDPS, tout en lui précisant que mon souhait était de voir l’UDPS, fille aînée de l’opposition au Congo, piloter cette initiative, il me répondra, je cite : « Je vous ai compris, comptez sur moi ». En effet, il est une évidence actuelle dans le panorama politique de la RDC qu’aucun de l’opposition ne pourra gagner seul les élections de 2011.

3.Quels contacts avez-vous noués dans la sphère politique de France et de Belgique ?

Le 31 mars 2010, j’ai eu l’honneur d’être reçu au Sénat français par les sénateurs du Parti politique « Les Verts », accompagné de mon collègue député national élu de Kimvula, l’honorable Ruffin Mpaka. J’ai tenu à informer l’opinion publique française, par le biais de ses représentants au plus haut niveau, des affres de la pollution des côtes congolaises par des sociétés pétrolières étrangères, en l’occurrence la société Perenco/Mioc, sur le littoral maritime du territoire de Muanda (Kongo Central). Nous avons été, mon collègue et moi-même, l’objet d’une oreille attentive de la part des sénateurs écologistes français qui nous ont promis leur soutien total en vue de faire respecter les règles internationales en vigueur en la matière.

J’ai fort regretté que mon calendrier de travail ne m’ait pas permis de me rendre à La Haye en vue de présenter ma sympathie au sénateur Jean-Pierre Bemba Gombo, victime d’un complot international se traduisant par un procès politique. Toutefois, dès mon retour au pays, je me suis empressé d’apposer ma signature, à côté de celles de tant d’autres députés et sénateurs, sur le mémorandum adressé au Premier ministre belge afin de solliciter que son pays accepte d’accueillir le sénateur Jean-Pierre Bemba pour sa liberté provisoire. Ce document a déjà recueilli plus de 220 signatures.

4.Quelle est l’affirmation du MPCR vis-à-vis des enjeux du moment ?

Du point de vue politique, outre son initiative d’inviter toute l’opposition à un programme d’alternance, le MPCR est d’avis que la Constitution peut être révisée à tout moment au regard de l’article 218. Cependant, cet exercice démocratique doit se réaliser dans le strict respect des dispositions pertinentes de cette même Constitution, particulièrement de l’article 220. Concernant la situation sécuritaire du pays qui continue, hélas, à faire l’objet de graves préoccupations de nos jours et ce, malgré les élections générales de 2006 et la mise en place des institutions politiques nationales et provinciales, je voudrais rappeler au pouvoir cette phrase célèbre d’Emmanuel Kant, je cite : « la passion amoureuse ou un haut degré d’ambition a, de tout temps, changé des gens raisonnables en fous qui déraisonnent ». Le MPCR réaffirme haut et fort sa détermination à obtenir du pouvoir organisateur des élections de 2011, à savoir la CENI, le recensement et l’identification des nationaux tant au pays qu’à l’étranger par l’octroi d’une carte d’identité comme préalable à toutes les opérations électorales.

5. Et d’autres points de vue ?

Sur le plan économique, il est apparu, en ce qui concerne le contrat RDC-Ofida/CTC, que les tourtereaux d’hier sur les plages du paradis fiscal de Delaware dans l’Etat de New Jersey aux USA sont, hélas, devenus aujourd’hui pires que des chiens en faïence. A l’analyse du contrat controversé RDC-Onatra/Progosa, mon souhait le plus ardent est que la RDC s’associe enfin avec les meilleurs investisseurs du monde pour la relance de son économie en pleine déliquescence. Du point de vue social, tout se résume en un seul mot : « le Congolais ne vit plus normalement ».

 

Le Potentiel/Expression

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