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23/04/2010

RDC:LE RAPPORT N° 03/2010 D’AVRIL 2010 DE L’ASADHO SUR MBANDAKA

 

Le jeudi 22 avril dernier le Ministre congolais de la Communication et Médias avait éclairé l’opinion sur certaines questions qui font la une  des Journaux au pays.

Cette conférence de presse a eu lieu dans son cabinet de travail situé dans la commune de la Gombe à kinshasa.

Nous vous publions l’intégralité de son innervation:

 

L’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO) vient de rendre public un rapport relatif aux événements du 4 avril à Mbandaka intitulé « Les Fardc et Enyele sont responsables notamment des exécutions sommaires ».

 

Le Gouvernement de la RD Congo qui prend très au sérieux toutes les dénonciations de violation des Droits de l’Homme par les membres de son personnel militaire a examiné très attentivement ce rapport et procédé pendant toute la journée d’hier à une série de vérifications de fond sur place à Mbandaka.

 

Il ressort de ce cross-checking un constat accablant : les 19 pages du rapport distribué aux quatre vents par l’ASADHO, manifestement rédigé à la hâte, constituent un véritable cas d’école d’imposture. La quasi-totalité des informations  ou des faits présentés comme tels sont soit erronées soit inexacts. Les contre-vérités sont parfois d’une telle flagrance qu’on se demande si vraiment ceux qui se présentent comme les enquêteurs de l’ASADHO ont jamais mis les pieds dans le chef-lieu de la province de l’Equateur après l’agression du 4 avril dernier.

 

En effet, il appert après vérification auprès de toutes les sources citées par le rapport, que ces dernières n’ont jamais fourni à l’ASADHO les informations alarmantes qui leur sont attribuées. Ni les autorités politico-administratives, c’est-à-dire le Gouverneur Jean-Claude Baende et l’ensemble de son gouvernement, le Maire de Mbandaka et ses édiles, ni le Général Ekutsu et son état-major de la 3ème région militaire, ni le Général Gédéon et ses collaborateurs de la Police locale, ni les magistrats de la Cour Militaire et des juridictions civiles de Mbandaka ne se souviennent avoir rencontré une ou des personnes se réclamant d’une ONG dénommée ASADHO depuis les événements du 4 avril jusqu'à hier au moment de nos entretiens avec eux. Ce fait en lui-même permet d’évaluer la crédibilité de l’affirmation en page 4 du rapport d’Avril de l’ASADHO selon laquelle ses enquêteurs auraient « … rencontré les autorités politico-administratives, judiciaires, militaires et policières … ».

 

 

 

C’est probablement ce péché originel dès l’introduction du rapport qui détermine la suite des impostures alignées crânement par l’ASADHO. C’est ainsi qu’au point II du rapport relatif à « l’occupation de Mbandaka par les Enyele », on peut très aisément relever les inexactitudes ci-après :

 

1)      Il est dit que le Gouvernement de la République a accusé les Enyele de l’attaque contre Mbandaka le 04 avril 2010, ce qui est faux car au cours de notre point de presse tenu le 10 avril sur ces incidents, nous avions clairement parlé d’insurgés se réclamant d’un groupe dénommé « Nzobo ya lombo » ou « Bandits du village » sur la foi des documents trouvés sur les assaillants capturés. Nous avons par la suite multiplié des mises en garde aux médias et à l’opinion publique en général contre toute généralisation abusive, signalant que la majorité des membres de ressortissants d’Enyele étaient de bons citoyens à ne pas confondre avec des criminels dont certains n’appartiennent pas à ce groupe sociologique.

 

2)      Le gérant du bateau Malaïka, propriété de la société GAP (Groupe Agro Pastoral) n’a pas été assassiné à Mbandaka au moment de l’arraisonnement (p.6) étant donné que l’arraisonnement a eu lieu à Nganda Congo à 150 Km de Mbandaka 3 jours avant l’assaut sur le chef-lieu de la province.

 

3)      Le bateau dont le gérant a été abattu au port de Bankita s’appelle bien MB/Bozengo et non MB/Malaïka. Les ‘enquêteurs’ de l’ASADHO évoquent la première victime abattue  par les assaillants de Mbandaka, feu Roger Mongapa gérant du MB/Bozengo, dont la dépouille a été transférée à Kinshasa pour enterrement aux soins du Gouvernement, en le nommant « Roger Musapa » et en le rangeant parmi les cas dits d’exécutions sommaires imputables aux Fardc, alors qu’il est notoire que ce gérant du bateau MB Bozengo a été tué par les « Nzobo ya lombo » au port privé de Bankita dès l’accostage de ces derniers. Quel crédit peut-on accorder à un rapport bourré de telles incohérences ? Comment des chercheurs qui s’étaient rendus à Mbandaka n’auraient-ils pas vu le MB/Bozengo, toujours immobilisé pour les besoins de l’enquête au port de Bankita où se trouve aussi le MB/Malaïka. Comment n’auraient-ils pas lu, ces chercheurs de l’ASADHO, la plaque commémorative portant le nom correct de l’infortuné Roger Mongapa, placardée bien en vue dans le débarcadère ?

 

4)      Mais il y a pire. A force de vouloir faire feu de tout bois, les rédacteurs du rapport de l’ASADHO se sont entremêlés les pinceaux. En effet, dans le rapport, on peut lire que « M. Musapa, gérant du bateau de la compagnie maritime Malaïka »(sic) a été tué à la fois par les Fardc et par ‘les Enyele’ qui, selon l’ASADHO, n’auraient tué que 2 personnes. Une simple lecture permet de découvrir que « Roger Mongata, non autrement identifié », et  « M. Musapa, gérant du bateau de la compagnie maritime Malaïka » sont une seule et même personne. Qu’il s’agit de la même personne qui est appelée tantôt Mongata, tantôt Musapa. En fait une légende construite autour du martyre de Roger Mongapa, tué par les assaillants au port de Bankita.

 

5)      Est également fausse, l’information lisible à la page 7, selon laquelle les prétendus ‘Enyele’ « étaient habillés soit en pantalon ou culotte avec T-shirt de couleur rouge ». A Mbandaka tout le monde vous dira que les assaillants avaient au-dessus de leurs vêtements des oripeaux traditionnels en raphia. Les ‘enquêteurs’ d’ASADHO se seraient-ils rendus au chef lieu de la province de l’Equateur qu’ils auraient reçu, eux aussi, cette information.

 

6)      Le rapport de l’ASADHO prétend qu’une femme a été violée par des éléments de la Police Nationale et cite comme source de cette information l’antenne locale du Bureau conjoint des Nations-Unies aux Droits de l’Homme. Celui-ci, saisi par les autorités militaires des Fardc pour en savoir plus, n’ont pas confirmé cette information.

 

7)      S’agissant des affrontements à l’aéroport de Mbandaka, occupé par les assaillants le 4 avril dans l’après-midi, la contre attaque des troupes loyalistes n’a été lancée que le lendemain, lundi 5 avril, dans la matinée pour des raisons stratégiques. Il est donc faux de prétendre comme le fait l’ASADHO que les Fardc y avaient attaqué les assaillants le jour même de l’occupation de l’aéroport, c’est-a-dire le 4 avril 2010.

 

8)      Le chapitre consacré aux violations des Droits de l’Homme (pp 7-14) est lui aussi truffé de contre-vérités et approximations sans fondements réels. Le Conseil de guerre de Mbandaka a reçu, instruit et/ou jugé des plaintes ou dénonciations contre 10 militaires des Fardc pour les incriminations suivantes liées aux événements du 4 avril :

1.            Colonel Mateso : Pillage (Condamné) ;

2.            Capitaine Kumeso : Lâcheté et pillage (Condamné) ;

3.            Sous-Lieutenant Konemboyo : Pillage (Condamné) ;

4.            Sous-Lieutenant Kelani Gbama Libio : Défaitisme (Instruction en cours) ;

5.            Adjudant Bala-Bala : Meurtre d’un agent de l’ANR à l’aéroport (Instruction en cours) ;

6.            Adjudant Bofola wa Bofola : Meurtre d’un agent de l’ANR à l’aéroport (Instruction en cours) ;

7.            Adjudant Abdulaye Kalemire : Meurtre à Bolenge-Pêcheur à 10 Km de Mbandaka (une femme et un jeune homme) le 18 avril (Condamné) ;

8.            1er Sergent-Major Kasongo Saïdi : Meurtre à Bolenge-Pêcheur à 10 Km de Mbandaka (une femme et un jeune homme) le 18 avril (Condamné) ;

9.            Sergent Masongo Akawa : Meurtre à Bolenge-Pêcheur à 10 Km de Mbandaka (une femme et un jeune homme) le 18 avril (Condamné) ;

10.       Sergent Mamwane Zeno : Pillage (Instruction en cours).

9)      En ce qui concerne les exécutions sommaires et morts accidentelles, que l’ASADHO a chiffré à 49 personnes ! On peut sérieusement s’interroger sur la provenance de chiffres aussi rocambolesques quand on sait qu’à Mbandaka, en dehors des camps militaires, il n’a été observé en tout et pour tout que 4 deuils organisés en mémoire de personnes civiles mortes des suites des affrontements du 4 avril. Toutes les familles touchées par ces deuils avaient sollicité et obtenu l’assistance du Gouvernement provincial. Deux des corps qui ont occasionné ces rassemblements mortuaires avaient été rapatriés sur Kinshasa, les deux autres ayant été inhumés à Mbandaka. Même les assaillants morts au combat ou lynchés par la population ont reçu une sépulture digne. Les morts dont parle le rapport de l’ASADHO devraient avoir des parents sur place mais personne n’est parvenu à les identifier. On voit mal une famille congolaise renoncer à porter le deuil d’un être cher quelles que soient les circonstances du décès.

 

10)      Comment comprendre que les Fardc qui ont fait prisonniers 58 assaillants « Nzobo ya lombo », dont la vie a été épargnée alors qu’ils avaient été capturés armes à la main en soient venus selon l’ASADHO à exécuter sommairement 49 civils inoffensifs au motif qu’ils auraient collaboré avec lesdits Nzobo ya lombo ? 

 

11)      Il est de notoriété publique que les populations de Mbandaka se sont dans leur quasi-totalité défiées des assaillants dont ils avaient lynché quelques uns et ont collaboré avec les FARDC.

Il n’y avait dès lors aucune raison pour l’Armée à s’en prendre à ces populations, au contraire.

12)      Quelques 5 complices des Nzobo ya lombo ont été interpellés et interrogés avant d’être déférés à la justice. Aucun d’entre eux n’a été tué.

 

Il y a  dans le rapport de l’ASADHO un présupposé surréaliste d’une guerre où l’on ne doit pas questionner les complices des assaillants par respect pour leurs droits humains.

 

13)      Il appert assez clairement que le rapport de l’ASADHO a été rédigé sur base de messages envoyés de loin et repris sans la précaution minimale d’en vérifier l’authenticité, la crédibilité du correspondant et ses intentions.

 

On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu d’erreurs commises dans la gestion de l’attaque terroriste sur Mbandaka. L’opinion se souviendra que le Gouvernement a distribué des sanctions positives et négatives relativement à ces événements. Mais l’on ne peut pas prétendre que les Fardc avaient tort de prendre le maximum de précaution contre les ruses éventuelles de l’ennemi qui, il faut le rappeler, avait recruté dans ses rangs même des enfants, dont l’ASADHO renseigne que 8 ont été remis à l’Unicef après avoir été appréhendés par les Fardc lors des affrontements du 4 au 5 avril. On ne peut demander à nos militaires de ne plus se conformer à l’art de la guerre.

 

Quant aux dérapages avérés, il est inutile de rappeler que la justice militaire s’en occupe, comme le reconnait par ailleurs l’ASADHO qui signale que les avocats des prévenus ont témoigné que les procès se sont déroulés dans le respect des droits de la défense. Inutile de rappeler que la justice militaire a sévi même contre les hauts gradés.

 

14)      L’ASADHO se dit préoccupée par le sort de 53 personnes arrêtées lors des affrontements du 4 au 5 avril qui restent détenues à la base de l’Etat-major de la 3ème région militaire, sans en indiquer les identités, qualités et motifs d’arrestation s’il échet. Elle devrait commencer par nous renseigner à cet égard.

 

15)      S’agissant des recommandations du rapport de l’ASADHO, il sied de relever que les programmes de développement socio-économique n’ont pas attendu le rapport de l’ASADHO pour être mis en œuvre. Une approche plus objective de ce fait devrait démentir l’accusation gratuite de l’ASADHO qui prétend que le Gouvernement central est responsable des conditions socio-économiques difficiles dans lesquelles vivent les populations de l’Equateur en général et celle de Mbandaka en particulier, tout autant que de l’aggravation du conflit actuel. En fait, il s’agit là d’une propagande mal fichue dont la résonnance révèle à qui veut comprendre les sources politiciennes de ce rapport qui ne repose sur aucune motivation humanitaire.

 

Somme toute, en vertu du principe selon lequel la fraude corrompt tout (Fraus omnia corrumpit), ce rapport ne doit pas retenir l’attention qu’il aurait mérité s’il avait porté sur des faits avérés. Le seul regret, c’est qu’après que l’affaire dite de l’uranium ait révélé que les activistes de l’ASADHO n’hésitaient pas à élaborer des faux rapports sur leur pays uniquement pour garantir leur pain quotidien, cette pratique exécrable continue d’être d’actualité.

 

 

Lambert MENDE OMALANGA

 

 

Selon Lambert Mende Omalanga C’est une Forfanterie

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